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  • : Lettres de 3 frères poilus
  • Lettres de 3 frères poilus
  • : 3 frères, Maurice, Paul, Joseph, élevés dans une famille catholique et patriote qui ne roule pas sur l'or. Maurice passe son bac de philo en 1912, comme 7000 autres condisciples. Paul vient d'obtenir son Doctorat en médecine et part sous les drapeaux pour un service militaire normalement de 3 ans. Joseph est un jeune vicaire. Leur destin va basculer au cours de l'été 1914. Voici, semaine après semaine, leur correspondance de guerre. Que leur courage ne soit pas oublié.
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 21:49

Une compagnie photographiée à Maubeuge en 1911. Combien étaient encore vivants  en janvier 1915 ?


Maurice poursuit sa convalescence à Port-Ste-Marie (Lot et Garonne) tandis que Paul est sur le front dans la région de Verdun. Le froid s'est installé dans les tranchées. Joseph le vicaire-infirmier est à Toul. Le reste de la famille est toujours séparé : Le père et Yvonne, la soeur en zone occupée à Maubeuge et la mère dans un village du sud.
Thiaumont



Le 18 janvier 1915


Mon cher Maurice, je te remercie des cartes que tu m'as envoyées ces temps ci ; je suis heureux de te  savoir en bonne voie de guérison. As t'on enlevé l'éclat ? Est ce que oui ou non on t'a radiographié ? Ça m'interesse, tu le comprends. Tu ne dois plus guère penser à la guerre depuis que tu est dans  les hôpitaux et surtout depuis que te voilà à Port Ste Marie. Le patelin est-il joli ; et les habitants sont-ils aimables ?  Pouvez vous vous promener dans le village ? Ici rien de neuf. J'ai acheté un violon et quand notre régiment cantonne je fais un peu de musique. Nous  avons aussi trouvé un piano. Petit à petit le temps passe. Nous voici bientôt en février. Qui aurait cru que la guerre durerait aussi longtemps. Ceux qui en reviendront sauront apprécier les petites joies d'une existence  tranquille. Hier il a neigé assez fortement : le tableau était superbe de cette neige dans la forêt, surtout au sortir de nos terriers. Mais les pauvres soldats doivent souffrir. Je t'embrasse 

Paul



Le 18-1-15


Bien chère maman


Je vais toujours bien et continue à faire de courtes promenades sans me fatiguer. Dimanche je n'ai pu aller voir les personnes qui nous attendaient pour prendre le café, car nous attendions la visite du médecin-chef d'Agen et il est venu à 3 heures ; il a consigné tout l'établissement, ce qui fait qu'on ne peut plus sortir aussi facilement qu'avant. Moi, comme exécuteur des ordonnances du médecin je puis sortir pour aller chercher des médicaments, de plus comme secrétaire de l'établissement je puis sortir quand bon me semble avec le motif : service du bureau. Très bien avec la directrice de l'établissement qui a près de 50 ans et est un peu malade, et avec le maire et l'adjoint, je suis tranquille. La personne qui nous invite est celle qui m'a vendu mes brodequins. Le soulier que j'ai laissé à Soupir était coupé par l'éclat d'obus, de plus la paire était usée ; elle avait du faire 600 kilomètres sans avoir subi de ressemelage ; dans quel état !!

Joseph m'a annoncé son changement pour Bruyères ; je vois qu'il ni sera pas trop mal si les N. y sont encore.

Mr Y. est venu me voir ici et nous avons passé toute l'après midi ensemble ; nous avons soupé dans un hotel et je l'ai accompagné à la gare ; il est allé à Bordeaux. Il a été très gentil, me donnant son adresse dans le cas où j'aurai besoin de quelque chose même d'argent. Il m'a donné quelques détails sur le bombardement et la reddition de Maubeuge. D'après lui les Allemands se sont assez bien conduits à Maubeuge, ce qui est rare. Paul m'a écrit une carte me disant qu'il allait toujours bien malgré le temps qui est très mauvais. Voilà le froid, il a gelé aujourd'hui ; espérons qu'on pourra profiter de ce temps favorable  aux manoeuvres de troupes pour repousser les Boches. Après un léger échec sur l'Aisne nous avons enregistré de sérieux succès dans le Nord et aux environs de Lille.

Le fils Bertrand (celui de l'usine sergent major a été tué à Maubeuge. Mr V. est conducteur d'automobile, il mène un général commandant d'une région ; son fils est je crois dans l'artillerie à Brest. 

Le bureau nous occupe beaucoup ; cela fait passer le temps.

Dimanche Messe à laquelle assistaient de nombreux hommes et presque tous les blessés. 

La lettre de Maubeuge me fait bien plaisir et je vais la transmettre à Paul.

Je leur écris une carte par la voie indiquée et termine en leur donnant le bon souvenir de : Mr Victor (victoire) Touvabien  (tout va bien) et de la famillle Spéret (Bon espoir) (ils comprendront !.).

Allons je t'embrasse de tout coeur, et en espérant en la victoire

Maurice


Prochaines lettres vers le 27 janvier 

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Published by thiaumont
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