Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Lettres de 3 frères poilus
  • Lettres de 3 frères poilus
  • : 3 frères, Maurice, Paul, Joseph, élevés dans une famille catholique et patriote qui ne roule pas sur l'or. Maurice passe son bac de philo en 1912, comme 7000 autres condisciples. Paul vient d'obtenir son Doctorat en médecine et part sous les drapeaux pour un service militaire normalement de 3 ans. Joseph est un jeune vicaire. Leur destin va basculer au cours de l'été 1914. Voici, semaine après semaine, leur correspondance de guerre. Que leur courage ne soit pas oublié.
  • Contact

Archives

23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 20:01

Tout a une fin : la convalescence de Maurice est belle et bien terminée puisqu'il rejoint toujours en tant que Sergent le 48e Régiment d'Infanterie de Guingamp 10 mois après sa blessure au pied. Paul, le médecin,   assiste de son côté aux préparatifs d'artillerie de la 2e offensive de Champagne ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_bataille_de_Champagne) qui semblent beaucoup l'impressionner. Pendant ce temps leur père et leur soeur Yvonne sont toujours en zone occupée à Maubeuge mais les nouvelles sont rassurantes.
Thiaumont



Cette photo provient du lien suivant http://chtimiste.com/batailles1418/1915champagne2.htm
qui donne des témoignagnes poignants sur cette offensive du 25 septembre 1915 (et celle concommittante en Artois) qui faillit réussir mais finit par s'enliser dans la profondeur des lignes défensives allemandes.






Ce 24 septembre 1915

 

Mon cher Joseph,

 

Je t'envoie la lettre d'Yvonne que te tranquillisera sur le sort de nos Maubeugeois. Ils arrivent à vivre assez facilement ; ça a l'air assez calme de leur côté. Je t'envoie également une de mes photos, la plus récente : elle est nette. Tu pourras l'envoyer à Maman après l'avoir vue.

Vas-tu toujours dans les familles N. ? Es-tu arrivé à les réconcilier ? Ce serait une bonne affaire, mais difficile à réussir probablement. Comme poste tu es bien tombé puisque tu peux profiter un peu de la vie de famille. Jacques Y. est-il toujours de ton côté ?

Je vais bien et attends patiemment les évènements. De l'endroit où nous sommes on entend toujours un bombardement formidable : Qu'est-ce que doivent prendre les Boches ! Si on pouvait les exterminer jusqu'au dernier ! Mon adjoint a l'air bien disposé à ne me faire aucun quartier. Ce sera une fête de massacre.

A bientôt de bonnes nouvelles.

Je t'embrasse bien fort.

Dr Paul B.

 

Ce 24 septembre 1915

 

J'espère, mon cher Maurice que tu as reçu ma petite épître et son contenu. Tu dois commencer l'instruction de la classe 17 : ça va te faire un nouveau travail. Ici nous assistons de loin à un bombardement formidable auprès duquel le roulement du tonnerre n'est rien. Ce que les Boches doivent prendre ! C'est prodigieux. Mon régiment est bien décidé à ne pas faire de prisonniers. Le temps est maintenant au beau depuis près d'un mois ; c'est très agréable; Cependant les nuits commencent à être très fraîches : ça sent l'hiver proche.

Je t'embrasse très fort

Dr Paul B.

 

 

Le  28 septembre 1915

 

Cher Paul,

j'ai bien reçu ta lettre et son contenu qui m'a été vite d'une grande utilité car j'étais désigné pour partir au 48eme. Maintenant me voilà redevenu poilu au 48eme de G. (NDLR Guingamp). Je me rapproche fort de toi, dans un bien triste pays car depuis que j'y suis, il ne fait que pleuvoir. Enfin j'espère toujours que cela finisse bientôt. Je t'embrasse ; A bientôt de tes nouvelles, ça barde (??)

Maurice

 

Le ?

 

Bien chère Maman, Comme je te l'ai déjà dit, je n'ai guère le temps d'écrire, aussi suis-je en retard avec tout le monde. Enfin je profite d'un petit moment de liberté pour te donner de mes nouvelles. J'ai reçu vos lettres ainsi que le saucisson que je conserve pour les tranchées (nous y retournons vers le 10-X. Je vais toujours bien malgré le froid qui est vif. Heureusement que le bois ne manque pas, nous sommes dans la forêt. Nous avons pris une douche avant hier, cela fait joliment du bien. On vient de toucher des sabots. A bientôt de vos nouvelles. Mon camarade de collège Vincent a disparu en Champagne. Est-il tué ? on ne sait ???Je t'embrasse très fort

Maurice


Prochaines lettres vers le 6 octobre 1915 

Partager cet article

Repost 0
Published by thiaumont
commenter cet article

commentaires