Partager l'article ! ...puis est mortellement blessé: médaille de Verdun obtenu pour Maurice 93 ans après sa mort & ...
médaille de Verdun obtenu pour Maurice 93 ans
après sa mort
Depuis le temps que Maurice frolait les balles et les éclats d'obus à Verdun, il était à craindre, malgré l'aide de Dieu souvent invoqué, que l'un d'entre eux finissent par l'atteindre. C'est ce qui arriva lors d'une nouvelle offensive devant la redoute de Thiaumont le 29 aout 1916 à l'âge de 23 ans après 2 ans de sacrifices interrompus seulement par une prmeière blessure au pied en novembre 1914.
Quel dommage que la transfusion sanguine n'était pas encore au point : Maurice aurait certainement survécu, d'après le récit des évènements fait par son cher abbé Gouranton.
Ses descendants ont pu obtenir, maigre consolation, la médaille de la ville de Verdun 93 ans après sa mort car il avait été oublié. Paix à son âme !
Thiaumont (vous comprenez maintenant, chers lecteurs, le choix de ce pseudo)
Ce 23 aout 1916
Mon cher Maurice
Je suis très content de la carte que tu viens de m'envoyer . Tu me disais en effet dernièrement que tu remontais en ligne comme tu le penses j'étais inquiet et je te remercie de m'avoir rassuré aussitôt. J'espère que tu as déjà aussi rassuré Maman. Je crois qu'il faut avoir une grande confiance en Dieu. Il a su si bien jusqu'ici te préserver et te tirer d'affaire. Je n'ai toujours rien de Paul. Maman est intervenue directement au sujet de sa relève. Peut-être qu'il aboutira non pas à être renvoyé à l'arrière ce qu'il ne désire pas d'ailleurs, mais a être affecté à quelque formation sanitaire du front. Son régiment est en ce moment de garde d'honneur au grand quartier général. Albert N. m'a écrit un mot de Liverpool où il est en ce moment toujours attaché à la commission internationale de Londres. Sa mère me disait qu'il avait été un moment en conflit avec l'amirauté. Ce n'est pas précisément peu de chose. J'ai eu des nouvelles de l'abbé R. qui était tout heureux d'avoir un mot de toi. Il me dit : rien de nouveau, la mentalité est inchangée malgré la guerre. J'ai aussi des nouvelles de C. qui me dit que tout va bien mais qu'il n'y a que le moral qui cloche. A bientôt de tes nouvelles. Je t'embrasse de tout coeur et te souhaite une bonne santé avec le secours de Dieu
Joseph
Le 30 août 1916
Monsieur l'abbé
Votre frère Maurice a été blessé hier soir vers les 6h en montant à l'assaut d'un tranchée ennemie : éclats d'obus à la jambe droite et au bras gauche ; pas de fracture. J'espère que le cher ami, je l'aimais beaucoup, se tirera d'affaires. Si possible je ferai en sorte de trouver son ambulance et d'aller le voir, dans ce cas je vous préviendrais.
Priez bien pour nous, bien exposés.
Sentiments bien dévoués
P Gouranton
aumônier 48e
Le 1er septembre 1916
Monsieur l'abbé
J'ai une triste nouvelle à vous annoncer. Votre frère Maurice B. est mort avant hier à l'ambulance de Fontaine-Routhon (ambulance 19/20 SP80) près de Souhesmes à 7 ou 8 km de Verdun. Blessé la veille, je l'avais pansé moi-même. De éclats d'obus lui avaient traversé les jambes, le bras, abîmé une main.
Il dut perdre beaucoup de sang, et il s'éteignit tout doucement jeudi vers les 11h du matin sans que personne s'en aperçoive dans la salle.
Sorti des tranchées le matin même, je courus à l'ambulance, j'y arrivai à midi ½; J'ai pu dire une prière près de son corps. Il est dans un cercueil et une tombe à part. J'ai recommandé de lui mettre un petit encadrement.
Ce matin j'ai célébré une messe devant les sous officiers de la Cie pour le repos de son âme. Je le regrette bien, il était un de mes amis et un de mes meilleurs chrétiens. Je lui ai donné l'absolution au poste de secours de 1ere ligne. Une prière pour nous le 48e.
Croyez, monsieur l'abbé à mes sentiments dévoués.
P Gouranton
aumonier 48e RI 3e bataillon SP74
prochaines lettres vers le 22 septembre (avec un récit plus précis de ses dernières heures)...
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